Actualité du 15/07/2010.
9 morts au lieu de 2 ? Selon Rafael Chavarría, dirigeant du CNTR (Consejo Nacional de Trabajadores Organizados - CONATO), le nombre de tués lors de la répression policière dans la Province de Bocas del Toro pourrait s'élever à 9, et non 2 comme l'affirment les autorités de Panama.
Selon le quotidien Panama America (assez conservateur et donc peu suspect de sympathie pour les grévistes et manifestants), on enregistre une centaine de personnes qui auraient perdu la vue, au moins d'un oeil. D'autres sources indiquent plus de 180. C'est la première fois qu'un nombre aussi important de victimes ayant perdu tout ou partie de la vue est enregistré lors de manifestations. Assistons-nous à une nouvelle stratégie policière dans la répression des mouvements sociaux ?
Photo: Panama America
Par ailleurs, d'autres sièges syndicaux, d'autres syndicats sont à leur tour privés de communications. La télévision mentionne le mécontentement de nombreux employeurs quant à la mauvaise image que le Panama donne à l'étranger avec ce conflit. Le Vice-Président aurait indiqué hier qu'il va falloir "ramer" pour redorer l'image ternie aux yeux de l'étranger.
La pression internationale doit donc continuer. Nos camarades de Convergencia Sindical ont reçu de très nombreux messages de soutien, en provenance de nombreux pays, et les autorités panaméennes ont été soumises à un flot de protestations, notamment via leurs ambassades en Europe.
Cependant, les arrestations, mandats d'arrêt, blessés et autres violences exercées contre les militants et la population en général commencent à produire leurs sinistres effets et privent les organisations de la capacité d'informer. La priorité est donc à la sauvegarde des militants, car la lutte risque d'être longue avant de faire reculer le pouvoir.
Des avocats progressistes ont déclaré dans les médias que toutes les exactions commises par les autorités seront portées devant les tribunaux (assassinats, atrocités, violations des droits humains,...).
D'autres concentrations ont été décidées : ce mercredi soir devant la Cour suprême, où un recours d'inconstitutionnalité contre la Loi 30 a été introduite, une manifestation demain jeudi, et samedi une nouvelle assemblée des dirigeants syndicaux destinée à préparer une nouvelle grève nationale.
Enfin, tout indique que le pouvoir est en train de tenter de diviser le mouvement social. Avec, d'un coté, la CTRP (Centrale des Travailleurs de la République du Panama), affilié à la CSA-CSI et dont le gros des troupes est en lutte dans la région de Changuinola, et qui a engagé des pourparlers avec les autorités sans consultation de la base et des autres syndicats. Ce sont déjà plusieurs de ses représentants dans la région de Changuinola qui ont signé dans la nuit de dimanche dernier le pré-accord qui mettrait en suspens l'application de 2 articles du Code du Travail.
De l'autre côté, on retrouve les autres syndicats (Frenadeso, Suntracs et Convergencia Sindical notamment).
Mardi, lors de la conférence de presse tenue par ces organisations pour évaluer la journée de lutte, les représentants présents ont condamné ces agissements isolés de la CTRP.
Jeudi 15 juillet
Le Conseil National des Travailleurs Organisés (CONATO), qui regroupe 9 syndicats et qui était l’interlocuteur officiel des gouvernements en représentation du monde du travail depuis 1972, a décidé mercredi de ne pas participer aux négociations décidées par le gouvernement le matin même. Ils estiment que ni le contenu ni la forme de ces négociations n’ont été concertés.
Pour le CONATO, la Loi 30 doit être abrogée, et toute discussion à venir devra inclure les organisations environnementales et le secteur de l’enseignement. D’autre part, le médiateur lors de ces discussions devra être désigné par la Commission et non par le seul Exécutif, comme celui-ci l’a décidé mercredi en Conseil de ministres.
Photo : Panama America