Grève et mobilisations en Grèce : «Nous ne paierons pas leur crise !»

Actualité du 19/05/2010.

Après la grève générale et les manifestations du 5 mai dernier, les travailleurs grecs se mobilisent à nouveau contre le plan d'austérité drastique que veut leur imposer le gouvernement pour pouvoir bénéficier de «l'aide financière» internationale.

En échange de ce «soutien», la population, pourtant déjà frappée par une crise catastrophique, est tenue non plus de se serrer la ceinture, mais de se soumettre à des reculs sociaux sans précédent pour rembourser ces fonds et réduire le déficit de l'Etat. Au prix de sacrifices insensés et insupportables.

Citons notamment :

  • Réduction des salaires des fonctionnaires de 15%.
  • Gel des salaires et des retraites de la fonction publique pendant 5 ans.
  • Non remplacement de 4 départs à la retraite sur 5 dans la Fonction publique.
  • Suppression de l'équivalent de 2 mois de salaires pour les fonctionnaires.
  • Augmentation de la TVA de 19 à 23%.
  • Augmentation des taxes sur le carburant, l'alcool et le tabac.
  • L'âge légal de départ à la retraite est porté pour les hommes à 67 ans et pour les femmes de 60 à 65 ans d'ici 2013.
  • Réduction des dépenses publiques (santé, éducation,.) de 1, 5 milliards d'euros.
  • Privatisations annoncées dans les transports, l'énergie et certaines professions réservées à l'Etat.
  • Libéralisation des licenciements dans le secteur privé.
  • Etc.

Il ne s'agit donc pas d'une «aide financière» à la Grèce et à sa population, mais d'un véritable «plan d'ajustement structurel» du même ordre que ceux que les institutions financières internationales imposent aux pays du Tiers-Monde asphyxiés par une dette scélérate. En pratique, il s'agit de mettre la société grecque sous tutelle.

Pour les travailleurs et la population en général, ces mesures d'austérité libérale sont tout simplement inacceptables. Elles s'inscrivent en outre dans une logique qui risque de toucher, demain, les populations d'Espagne, du Portugal, d'Irlande... : la logique des spéculateurs et des créanciers internationaux, qui prennent appui sur la dette publique pour faire payer la crise aux travailleurs et s'enrichir sur leur dos.

Les «marchés» qu'il faudrait «rassurer», pour reprendre l'expression trompeuse ânonnée en boucle par les médias, ce sont eux. N'est-il pas évident, après deux années de crise profonde, qu'il est urgent non pas de les «rassurer», mais de les désarmer ? (1)

La MWB-FGTB, au même titre que d'autres organisations syndicales européennes, tient donc à manifester son soutien aux travailleurs grecs et à leurs mobilisations. En Grèce comme ailleurs, ce n'est pas aux peuples de payer la crise et les dégâts du système capitaliste !

Note :

1. Ce que soulignait déjà Ignacio Ramonet, directeur du mensuel français Le Monde diplomatique, dans un éditorial de décembre 1997 : «Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique majeur si l’on veut éviter que le monde du siècle à venir ne se transforme en une jungle où les prédateurs feront la loi.»

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Dans un autre registre : la chronique de Paul Hermant (RTBF, 6 mai 2010). Cliquez ici.