Un « socialisme » pour les riches

Nico Cue Nico Cue

Le capitalisme est en restructuration. Il ne va pas se transformer en profondeur ou changer sa nature.

Edito de Nico Cué, 16/03/2009.

Aujourd'hui, les institutions financières se refont une santé sur le dos des pouvoirs publics et des contribuables. Elles proposent aux investisseurs des taux d'intérêt qui suivent de trop loin la baisse des taux directeurs des Banques centrales. Par ici la monnaie ! Ce comportement incivique justifie la création d'une banque publique forte sur un marché concurrentiel pour y imposer les conditions d'une véritable relance économique. Et pour empêcher les fauteurs de crise de profiter de leurs méfaits ! Ce n'est pas à cela que nous assistons.

Le patronat, lui, met déjà à profit le climat de désarroi pour imposer les conditions de la restauration de son taux de profit dès que la reprise sera là : moins de protection, plus de flexibilité, une « flexinsécurité » ! Gouverner, c'est prévoir... La multiplication des chômeurs traqués par l'Onem – qui ne relâche pas la pression sur eux ! – continuera de peser sur la formation des salaires.

Les gouvernements des puissances économiques cherchent de « nouveaux équilibres » et réfléchissent à d'autres règles. Mais pour perpétuer une organisation de la société injuste et inégalitaire avec un même objectif : l'accumulation des richesses. Plus ça change, plus c'est pareil.

Le système financier s'est effondré. Tous les libéraux du monde ont renié en chœur leur fond de commerce idéologique: l'Etat était hier un problème, c'est aujourd'hui leur solution. Il fallait le réduire, l'affaiblir et le déstructurer. Il est le dernier rempart et l'outil de la reconstruction des forces capitalistiques. Les pouvoirs publics sont donc intervenus. Pour aider les épargnants victimes des banques ? Non pour sauver les banquiers... On nationalise aujourd'hui à durée déterminée. C'est une forme de « collectivisme » intérimaire ! Un « socialisme » pour les riches.

Les travailleurs  inquiets des conséquences d'une crise dont ils ne sont pas les responsables payent au prix fort ces excentricités. Privatisation des profits, socialisation des pertes. Rien de neuf sous le soleil. Cette mécanique diabolique fonctionne en s'appuyant sur une menace permanente : appauvrir  plus encore les plus faibles, la politique du « pire »...

On nous leurre même sur les causes du krach. Une crise sociale profonde précède la crise financière. Un partage de plus en plus déséquilibré des richesses produites au départ du travail en est la faute. La rémunération des profiteurs (profits et dividende...) n'a cessé de croître depuis trente ans. Les travailleurs la paient par le chômage, par le blocage des salaires, la détérioration des conditions de travail, l'allongement du temps de travail...

Pour en sortir et refonder des bases solides pour une démocratie économique et sociale, il faut s'attaquer à la racine des inégalités dans la répartition des richesses. Créer un autre rapport de force pour imposer un véritable changement de cap. C'est avec cette détermination-là que la MWB est engagée dans la campagne « le capitalisme nuit gravement à la santé » (www.contre-attaque.be) et qu'elle participera aux mobilisations belges et européennes des prochaines semaines.

Nico Cué, Secrétaire général de la MWB