grèce

Austérité, opium d'élites ...

Le paludisme a fait sa réapparition sur le continent européen. Il y a des quartiers d'Athènes où le taux de chômage atteint 80%. La mortalité infantile progresse et le nombre de suicides chez les jeunes explose. Des femmes d'ouvrage de certains services publics sont en grève... depuis septembre 2013 !

Edito de Nico Cué, 16/05/2014.

(Deutsche Fassung unten)

La situation est catastrophique en Grèce. Que recommande l'Union européenne ?
Que le gouvernement poursuive ses efforts en matière de désendettement et réduction des déficits publics...

Devant pareil aveuglement, l'austérité ne peut plus être considérée comme une simple doctrine politique ou économique ayant ne serait-ce qu'un semblant de fondement rationnel. C'est une religion. Elle a ses grands prêtres au FMI, à la Commission ou à la BCE et son bas clergé sévit dans tous les gouvernements de l'Union.

Nous sommes tous des téléspectateurs grecs !

On croit toujours avoir tout vu, et on se trompe chaque fois : on peut toujours connaître pire. Ainsi, ce qui vient d’arriver à ERT, la radio-télévision publique grecque, débranchée par le gouvernement, sans avertissement, en pleine soirée, pour « économiser » 2600 salaires dans le service public et approcher les objectifs de réduction de la fonction publique fixés par la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international).

Edito de Nico Cué, 1/07/2013.

On pourrait pourtant presque se réjouir que c’est un écran noir qui est apparu à la place du programme ERT, et pas un galonné en uniforme avec des lunettes noires. Mais,  de toutes manières, on n’est pas loin, avec ces méthodes, du coup d’Etat : semaine après semaine, sous les coups de boutoir du capitalisme, la Grèce quitte la démocratie.

Le FMI et la Grèce, les banques et le chômeur, l'aléa moral et le PS...

Le Fonds monétaire international présente ses excuses au peuple grec pour l'avoir saigné aux quatre veines, à blanc... et pour rien. Les années de purges imposées ont été vaines. « On s'est gouré dans nos calculs, sorry. Salut en de kost ! »

Edito de Nico Cué, 14/06/2013.

Et le FMI d'abandonner la Grèce à sa misère pour solde de tout compte ! 

Jusque-là, les équations bidons, formules à la noix et mots magiques étaient plus crédibles, pour les décideurs et leurs médias, que le simple bon sens, pour comprendre les phénomènes économiques. Comment a-t-on pu raconter que la relance et la prospérité pourraient venir d'une dépression du pouvoir d'achat ? Comme si le niveau des salaires ne déterminait plus le niveau de la consommation ? Et donc celui des débouchés pour les productions...

14 novembre 2012 : une grève historique !

Tout le monde connaît l'histoire du paysan frappé d'un revers de fortune qui entendait se refaire en réduisant ses dépenses sans développer ses ressources. Il mit progressivement son cheval à la diète et l'habitua, en douceur, à réduire chaque jour sa ration d'avoine de moitié. Pour son malheur, c'est au moment même où l'animal ne lui coûtait plus rien qu'il trépassa...

Edito de Nico Cué, 1/11/2012.

(Deutsche Version unten)

L'histoire de cet éleveur stupide tient lieu de politique économique à la Banque centrale européenne, au FMI et à la Commission.

Ces ânes imposent de longue date déjà, saignées sur saignées, au peuple grec et s'étonnent aujourd'hui de son anémie. Neuf plans d'austérité plus tard, le malade ne va pas mieux. Et sa dette que le remède de cheval devait réduire s'est au contraire approfondie.

L'échec de cette expérience est patent. Irrévocable. Dramatique...

« Dormez en paix, braves gens... » ?

Les médias fonctionnent de plus en plus comme les histoires pour enfants. Ils anesthésient, détournent des réalités et canalisent nos peurs vers des adversaires étranges, éloignés ou extraordinaires : le loup, la sorcière ou Michèle Martin.

Edito de Nico Cué, 4/09/2012.

Cet été, ils nous ont épargné les discours révoltés sur les conditions de vie de la population grecque, un rabâchage instructif sur la détermination des mineurs d'Asturies et de Castille ou trop d'explications sur la persistance de la contestation étudiante au Québec contre la marchandisation de l'enseignement. Nous avons également échappé aux détails du constat sans appel du philosophe allemand, Jürgen Habermas pour qui le « Pacte budgétaire » européen nous conduit dans « une voie post-démocratique ».

De la démocratie à la crise, de la crise au populisme et du populisme à la dictature…

Actualité du 10/05/2012.

Tout le monde sait que la Grèce est le berceau de la démocratie. Tout le monde sait également que ce pays subit une crise sans précédent. Cette crise touche tout le monde : travailleurs, pensionnés, jeunes, mais aussi les travailleurs immigrés que l’on oublie trop souvent ! Cette crise tue aussi !  Le taux de suicide a plus que doublé en Grèce et touche les personnes de tous âges.  On se souvient avec effroi de cet homme de 77 ans qui a préféré mettre fin à ses jours plutôt que de faire les poubelles.

Images

La Grèce aujourd'hui, c'est l'Espagne de 36 !

Notre avenir se joue dans le berceau de la démocratie. Par la volonté de la « troïka » (FMI, la Banque centrale et Commission européenne), le capitalisme financier veut mettre à genoux le peuple grec. Ils font de la Grèce un laboratoire social et politique pour l'Europe de demain. La misère et l'humiliation des travailleurs grecs annoncent celles de la classe ouvrière européenne toute entière.

Edito de Nico Cué, 27/02/2012.

(Deutsche Fassung unten)

Le 12 février, les rues d'Athènes ont dit « non » quand le Parlement offrait le sinistre spectacle de la soumission. Dans les rangs de la majorité, ceux qui ont tenté de résister ont été bannis. A l'extérieur, un impressionnant déploiement policier devait « protéger » les élus  contre... leur peuple. Le débat, la résistance et le rejet de toute résignation se trouvaient faces aux hommes armés, de l'autre côté des chevaux de frise, dans les nuages de lacrymogène.

L'Histoire qui balbutie ?

Motion de solidarité avec le peuple grec

Actualité du 14/02/2012.

L’obsession maladive de la troïka consistant à mener la Grèce vers un équilibre de ses finances publiques oblige sa population à subir des mesures de plus en plus punitives. Si un pseudo-progrès social c’est l’amélioration du bien-être, alors il faut reconnaître que l’euro-libéralisme imposé par la voie de l’austérité en Grèce est tout son contraire.

La fin du punching ball

Le monde de la finance, c’est une sorte de punching ball. Quoi qu’il lui soit arrivé au fil des jours, il finit toujours par reprendre sa place, exactement sa place. On le voit bien ces jours-ci en Grèce et en Italie : quelle que soit la colère populaire, on voit plus ou moins les mêmes reprendre place dans les palaces du pouvoir. Mario Monti, le nouveau président du conseil italien, vient des milieux de la finance et est même passé par Goldman Sachs, qui n’est pas pour rien dans la déglingue internationale. Peut-être vaut-il mieux un Monti qu’un Berlusconi, mais il ne faut pas oublier que les fondamentaux de la pensée économique de l’éjecté sont fort proches de ceux du nouvel arrivant…

Edito de Nico Cué, 30/11/2011.

En Grèce, c’est encore plus frappant, presque caricatural : le nouveau premier ministre a occupé de hautes responsabilités chez le même Goldman Sachs, et on retrouve donc à la tête du pays un type qui a travaillé dans la boîte qui a torpillé le pays en l’enfonçant financièrement. Un peu comme si, chez nous, on rappelait Dehaene pour le mettre aux Finances et lui demander de renflouer Dexia qu’il vient juste de finir de couler… Lucas Papademos va mettre en place une politique dictée par l’Europe et le FMI. Une politique qui devrait faire regretter aux Grecs d’être nés.

La peur du peuple

L'expression du peuple reste effrayante pour la marche des affaires. C'est une bonne nouvelle à l'heure où la peur doit changer de camp !

Edito de Nico Cué, 14/11/2011.

Face aux «marchés financiers», le spectacle donné par les États est lamentable. Leurs responsables agissent en notre nom. Malheureusement, de moins en moins pour défendre un intérêt général. Les «grands» de ce monde s'essoufflent ainsi dans une course folle dont le tempo est fixé par trois agences de notation qui, jour après jour, disqualifient un peu plus les créances de la Grèce, de l'Espagne ou du Portugal avant celles de l'Italie. Les responsables politiques semblent évoluer dans la crise comme des papillons de nuits se brûlant les ailes sur l'éclairage public.