A Mawda, avec tristesse et rage

« Les hommes avaient perdu le goût De vivre, et se foutaient de tout Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas Pour eux, c’était du cinéma. Le ciel redevenait sauvage, Le béton bouffait l’paysage. Les loups, Les loups étaient loin de Paris En Croatie, en Germanie. Les loups étaient loin de Paris ».

Editorial van Nico Cué, 4/06/2018.

Les loups sont de sortie à Anvers ; ils déchirent de leurs crocs un cordon sanitaire qui devait, à l’origine, contenir les fascistes du Vlaams Belang.

Les loups gouvernent par la peur, la haine ou le mépris. D’Anvers comme d’ailleurs…
Une enfant, deux ans, meurt sous nos balles policières lors d’une chasse aux migrants sur l’autoroute de Wallonie. Pour le président du premier parti du pays comme pour ses ministres, le doute n’est pas permis dans l’attente des résultats des enquêtes. Monstrueusement, ils déclarent que les parents auraient une responsabilité dans la fin de leur gamine. Des parents qui avaient été monstrueusement maintenus en détention pendant l’agonie de la chair de leur chair. Les voilà aujourd’hui monstrueusement désignés par les populistes en chef comme « responsables » de la perte de leur fillette. Symboliquement, les loups déchiquètent le cadavre des petites enfants.

Les monstres nationalistes ont perdu le goût de vivre et se foutent de tout. Une enfant, sa mère, son frère ou son papa. Pour eux, c’était du cinéma.

Rendre un père, une maman, coupable de la mort de l’enfant tuée par balle dans un tir policier, quoi de pire ? Mawda est morte. De Wever et sa clique privent ceux qui l’aimaient de leur propre humanité. Salaud ! Charognard !

Il y a vingt ans, la mort par étouffement de Sémira Adamu dans les coussins ouateux de la gendarmerie avait conduit le ministre de l’Intérieur, Louis Tobback, à présenter sa démission. En 2018, la N-VA, son patron et ses ministres crachent à la face des parents de Mawda.

L’indignité à un parti mais le déshonneur éclabousse tout un gouvernement en commençant par son Premier ministre.

« Le fascisme, c’est le mépris, a écrit Albert Camus. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare et instaure le fascisme. »
« Attirés par l’odeur du sang
Il en vint, des milles et cents
Faire carouss’, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu’à c’que les hommes  aient retrouvé
L’amour et la fraternité. »

Nico Cué
Secrétaire général