Nous n'achèterons pas un chat dans un sac !

La droite organise une mobilisation idéologique de grande ampleur. Les experts font de l'arithmétique avec nos pensions. Certains médias militent pour la montée de la NVA au fédéral. Le patronat réclame un gouvernement réactionnaire. Les économistes s'épanchent de tribunes en cartes blanches dans de savantes distillations du concept de compétitivité.

Edito de Nico Cué, 11/07/2014.

(Deutsche Fassung unten)

 

Objectif : préparer l'opinion à un nouveau gel des salaires...

Dans la perspective de la négociation du prochain accord interprofessionnel, le patronat et ses relais posent leurs jalons et avancent leurs pions. La couleur du prochain gouvernement compte dans ce décor. Confondant sans doute vitesse et précipitation, les organisations patronales se sont prises les pieds dans le tapis en appelant à l'unisson, et par-dessus la frontière linguistique, à la constitution d'une coalition à droite toute et vite encore...

Cette saillie inattendue a suscité quelques interrogations sur la représentativité de ces maîtres chanteurs dont certains n'hésitèrent pas à brandir la menace d'une grève des investissements... qu'ils pratiquent déjà ! De qui et « de quoi », ces lobbies sont-ils la voix ? Représentent-ils d'abord les chefs d'entreprise ou leurs propriétaires ?

Un doute grandit quant à la légitimité de leur intervention moins « politique » que partisane dans le débat démocratique. Quels maîtres servent-ils ainsi ? De quels citoyens – et de combien d'entre eux? - sont-ils les porte-parole ? Ils agissent comme si l'intérêt des employeurs se confondait avec l'intérêt général. A l'évidence, l'idéologie dominante – qui est la leur ! - tend, par tous les moyens, à nous conduire à ce stade d'aliénation mais... la réalité est têtue.

En tentant de rattraper la sauce, un des patrons de la FEB a tombé le masque en consentant que son club n'avait pour vocation de choisir  nos gouvernements et que, tout compte fait, « qu'importe la couleur du chat pourvu qu'il mange des souris ». Qu'importe la gauche, la droite, pourvu que le prochain gouvernement avance vers un triple pacte pour la compétitivité (comprenez les salaires), l'énergie et la gouvernance. Libéraux, nationalistes, chrétiens démocrates ou socialistes, la FEB s'en tamponne donc le coquillard pourvu que le pouvoir serve ses intérêts. Cette aspiration à la pensée et/ou gouvernance unique est-elle encore démocratique dès lors que l'impact sur les décisions de l'expression des urnes devrait ainsi se réduire à l'unique service des intérêts patronaux ?

C'est mathématique !

Un groupe d'experts triés sur le volet publie, dans le même calendrier, un rapport sur le vieillissement de la population et son impact sur les finances publiques. Comme habituellement, le ton est alarmiste. Les caisses seront vides pour payer nos retraites.  Il n'y a pas de  réserves pour payer les pensions de demain. Or le nombre d'inactifs va croître alors que celui des actifs diminue. C'est mathématique, nous allons dans le mur ! ... Aussi sûr que la France connaît une grande famine ! En effet, au sortir de la guerre, 15 millions de paysans nourrissaient 30 millions de Français. Il y a aujourd'hui dix fois moins d'agriculteurs pour alimenter deux fois plus de population...  C'est mathématique : les Français crèvent de faim !

Ces « experts » veulent oublier que la richesse produite double en vingt ans mais nous annoncent surtout qu'il n'est pas question d'encore la partager. Et c'est déjà ce qui se passe sous nos yeux. Selon une étude du Cepag verviétois, la part des dividendes dans l'affectation des profits de quelque 450.000 entreprises belges est passée, de 2009 à 2012, de 62,5%  à ... 76,8%. Cela représente plus de 45 milliards de rémunération du capital et une progression en quatre années de 13,7% !

Dans le même temps, la masse salariale évoluait à prix constant de 5,1% soit moins que l'évolution de l'indice santé lissé qui organise... l'indexation des salaires.

Quand la FEB aspire à un gouvernement qui « attrape les souris », elle indique qu'elle veut au pouvoir des responsables qui maintiennent cette tendance à l'engraissement des propriétaires et au régime sans sel, sans sucre et sans féculant pour les travailleurs. Le tout soutenu, si possible, par un discours culpabilisateur sur les vertus de l'austérité appliquée... aux autres.

En mai dernier, le journal économique « L’Écho » titrait : « 26 milliards de cash inutilisés dans les grandes sociétés belges ». Ce chiffre traduit l'ampleur, pour les seules 150 plus grandes entreprises, de la grève des investissements qui se paie cash en manque d'emplois !

La FEB entend poursuivre cette politique. Nous lui répondons en filant sa métaphore empruntée à Deng Xio Ping que pour nous, il est hors de question d'acheter un chat dans un sac.

A bon chat, bon rat !

Nico Cué
Secrétaire général


Wir kaufen keine Katze im Sack!

Die Rechte macht ideologisch Kampagne in großem Stil. Die Experten üben Rechnen mit unseren Renten. Gewisse Medien machen sich für die NVA auf föderaler Ebene Stark. Die Arbeitgeber fordern eine reaktionäre Regierung. Wirtschaftsexperten zerlegen und begründen – aus der sicheren Höhe ihrer Tribünen - das Konzept der Wettbewerbsfähigkeit.

Mit einem Ziel:  Meinung bilden und auf den nächsten Lohnstopp einstellen...

Vor dem Hintergrund der Verhandlungen zum nächsten überberuflichen Abkommen stellen die Arbeitgeber und ihre Lobbygruppen die Weichen und bereiten geschickt  ihre nächsten Schachzüge vor. Die politische Couleur der nächsten Regierung spielt gerade vor diesem Hintergrund eine entscheidende Rolle. In ihrer Überstürzung gerieten die Arbeitgeberverbände mächtig ins Straucheln, als sie mit einer Stimme lautstark, und über die Sprachengrenzen hinweg, schnellstens zu einer rechten Koalition aufriefen...

Der unerwartete Vorstoß aus dieser Ecke warf tatsächlich die Frage nach der Repräsentativität dieser Erpresserbande auf, deren Mitglieder teilweise nicht davor zurückschreckten, mit einem Investitionsstreik zu drohen...der ohnehin schon stattfindet! Wen und «was» vertreten eigentlich diese Lobbys? Die Unternehmensleiter oder deren Eigentümer? Es gibt wachsende Zweifel an der Legitimität dieses wohl kaum politisch begründeten, sondern regelrechten Partisaneneinsatzes in der demokratischen Debatte. Welchem Meister dienen sie? Welchen – und wie vielen – Bürgerinnen und Bürgern verleihen sie eine Stimme? Sie handeln so, als sei das Arbeitgeberinteresse allgemeines Interesse. Offensichtlich versucht man mit der beherrschenden – ihrer! – Ideologie mit allen Mitteln, uns in die Irre zu führen – aber die uns umgebende Realität setzt sich beharrlich durch.

Um das Gesicht zu wahren, ließ einer der VBU-Arbeitgeber die Maske fallen und bekannte, dass  sein Club nicht befugt sei, unsere Regierung zu bilden, und schließlich « die Farbe der Katze unwichtig ist, vorausgesetzt sie fängt Mäuse ». Egal ob die Linke oder die Rechte, Hauptsache die nächste Regierung ermöglicht einen dreifachen Pakt über Wettbewerbsfähigkeit (hiermit sind die Löhne gemeint), Energie und Governance. Liberale, Nationalisten, Christdemokraten und Sozialisten – das ist dem VBU eigentlich schnurzegal – die Macht muss nur seine Interessen bedienen. Ist die Bestrebung um eine solches Einheitsdenken und Regieren noch mit der Demokratie vereinbar, wenn die Entscheidungen der Wählerinnen und Wähler den Interessen der Arbeitgeber derart unterworfen werden?

Reine Mathematik!
Eine sorgfältig ausgewählte Expertengruppe veröffentlicht im selben Atemzug einen Bericht über die Alterung der Bevölkerung und deren Folgen für die öffentlichen Haushalte. Wie immer wird Panikstimmung verbreitet. Die Rentenkassen leeren sich. Es gibt keine Rücklagen für die Renten von morgen. Im Gegenzug wächst die Anzahl der nicht Erwerbstätigen, während die der aktiven Bevölkerung schrumpft. Reine Mathematik: Wir fahren voll gegen die Wand! Genauso gesichert wie die Hungersnot in Frankreich! Nach dem Krieg ernährten 15 Millionen Landwirte in Wirklichkeit 30 Millionen Franzosen. Heute gibt es zehn mal weniger Landwirte, um eine doppelt so große Bevölkerung zu ernähren . Reine Mathematik: Die Franzosen verhungern!
Diese « Experten » vergessen offenbar, dass der erzeugte Reichtum sich in einem Zeitraum von zwanzig Jahren verdoppelt, und stellen vor allem klar, dass er auf keinen Fall mehr verteilt werden kann. Und gerade das passiert heute vor unseren Augen. Laut einer Cepag-Studie aus Verviers stieg der über Dividenden verteilte Gewinnanteil von knapp 450.000 belgischen Unternehmen im Zeitraum 2009 bis 2012 von 62,5%  auf ... 76,8%. Dies entspricht einer Kapitalrendite von über 45 Milliarden, und einem prozentualen Anstieg von 13,7% in nur vier Jahren!

Gleichzeitig wuchs die Lohnmasse konstant um 5,1%, also langsamer als der abgeflachte Gesundheitsindex, der die Grundlage für die...Lohnindexierung bildet.

Die Forderung des VBU nach einer Regierung, die « Mäuse fängt» zeigt, dass er denjenigen zur Macht verhelfen will, die Kapitaleigner weiter mästen und Arbeitnehmer auf eine salz- und zuckerlose Diät ohne Kohlenhydrate setzen. Und ihnen Moralpredigten über die hohe Tugend der Sparsamkeit halten, die jedoch nur für die Anderen gelten.

Im Mai dieses Jahres erschien die Wirtschaftszeitung « L’Écho » mit folgendem Titel: « 26 Milliarden Cash schlummern in den großen belgischen Unternehmen ». Die Zahl verdeutlicht das Ausmaß des Investitionsstreiks – nur der 150 größten Unternehmen – der bar in Form von  Beschäftigungsschwund bezahlt wird!

Der VBU beabsichtigt, diesen Kurs weiter zu fahren. Wir erwidern mit der Deng Xio Ping entliehenen Metapher, dass wir auf gar keinen Fall die Katze im Sack kaufen.

Wie du mir, so ich dir!

Nico Cué
Genetralsekretär