Auto 5 : travailleurs sans frontières, vers la discrimination zéro

Auto 5 : travailleurs sans frontières, vers la discrimination zéro

«Notre combat : pas de discrimination. Ni entre hommes et femmes, ni entre ouvriers, employés et cadres, ni entre francophones, flamands et germanophones.» Carte blanche à Carlos Pontigo.

6/09/2010

Auto 5 : une enseigne bien connue des automobilistes. Anciennement Autocenter GB, filiale du groupe GIB, Auto 5 est apparu en 1987. A la fois ateliers et boutiques, ces «centres-auto» très fréquentés connaissent un développement constant depuis plus de 40 ans. On compte aujourd’hui 48 centres en Belgique : la majorité en Wallonie et à Bruxelles, une quinzaine en Flandre, et un en Communauté germanophone. Un mot pour caractériser l’esprit de la délégation syndicale MWB-FGTB d’Auto 5 ? Sérénité.

 «Quand ça ne va pas, on n’a pas notre langue en poche, et on sait se mobiliser. Mais on est aussi capable de mettre en avant ce qui est positif. Au sein d’Auto 5, il existe un climat de dialogue serein et constructif avec la direction», souligne Carlos Pontigo, pour la délégation MWB-FGTB.

«En 2004, la situation était nettement plus difficile. C’était la première fois que les métallos se présentaient aux élections sociales, dans une ambiance de division entre organisations syndicales, mais aussi entre centrales. Lorsque j’ai été élu, je me suis retrouvé très seul, et j’ai dû ramer. Mais petit à petit, les dissensions se sont apaisées, et j’ai pu contribuer à rassembler, dans un souci d’unité et de solidarité. Aujourd’hui, la FGTB est une force parce que les représentants des travailleurs travaillent main dans la main, sans frontières d’aucune sorte.

Face à la direction, bien entendu, cette unité nous donne du poids. Mais Auto 5 fait aussi preuve d’écoute, ce qui permet un climat propice à la discussion. On a ainsi pu trouver un accord sur les barèmes, et sur de nombreux points qui concernent le bien-être des travailleurs. Un exemple qui me tient à cœur : cela faisait des années que le groupe laissait pourrir ses bâtiments, nos lieux de travail. Même pas un coup de peinture. Maintenant, il rénove, rafraîchit, construit de nouvelles structures. Et nous avons obtenu d’être systématiquement équipés de toilettes pour dames, même lorsqu’il n’y a pas de travailleuses dans le centre. Nous sommes très attachés à ce combat : pas de discrimination. Ni entre hommes et femmes, ni entre ouvriers, employés et cadres, ni entre francophones, flamands et germanophones.

Nous avons également pu instaurer un fonctionnement favorable aux travailleurs en CDD (contrats à durée déterminée) : après un an chez Auto 5, ils bénéficient d’une évaluation qui, si elle est positive, leur ouvre le droit à un barème supérieur et à un CDI (contrat à durée indéterminée). Un autre acquis important : il n’y a quasi pas d’intérimaires chez nous. Excepté quelques-uns, malheureusement, dans des centres en Flandre qui ne trouvent pas de candidats à l’embauche !

C’est d’ailleurs un point noir à relever : notre métier n’attire pas suffisamment les jeunes, alors que c’est un métier susceptible de les passionner. Un métier où la technologie évolue très vite, où l’informatique prend une place de plus en plus importante. Il faudrait arriver à le promouvoir davantage, plus et mieux qu’on ne le fait aujourd’hui. D’autant que du boulot, il y en a! Chez nous, on est passés de 31 centres en 2001 à 48 centres aujourd’hui (500 travailleurs, dont 200 ouvriers environ). Et pour 2012, la direction prévoit 70 centres!

Cela donne une idée du chiffre d’affaires que dégage Auto 5, crise ou pas crise. Pourtant, quand on parle salaires, on nous répond toujours que les travailleurs coûtent trop cher! Et que la dépollution des sites est très onéreuse pour l’entreprise… Classique : le profit d’abord. Pour les travailleurs et l’environnement, c’est plus compliqué…

Notre boulot de délégué, c’est un combat permanent. Surtout chez nous, où le personnel est éparpillé. Nos assemblées, on les fait avec chaque travailleur, et on essaie, dans chacun de nos actes, de défendre l’ensemble des affiliés. D’Auto 5, mais aussi de toute la FGTB. Ce qu’on obtient, ce qu’on négocie, est important également dans les autres entreprises, pour les autres délégations. Chaque combat doit tenir compte des réalités des autres camarades, chaque victoire peut servir le bien être de tous.»

Carlos Pontigo, pour la délégation MWB-FGTB.